Elearning, FOAD, TICE et Formation 2.0 – Regard sur les pratiques et les technologies de la formation

La FOAD au service du développement durable…

A chaque fois que j’assiste à un débat, une présentation ou bien que je lis un article sur la promotion de la FOAD, on nous sert cet argument : La FOAD, c’est bon pour l’environnement ! On nous explique alors que la FOAD réduit les déplacements des stagiaires, et que ce n’est plus les stagiaires que l’on déplace jusqu’à la formation et donc le formateur mais l’inverse, et donc moins de personnes qui se déplacent, c’est moins de dépense énergétique… Sur ce point on est tous d’accord, la FOAD, si elle est bien utilisée permet de réduire les déplacements.  La FOAD avec la dématérialisation des supports et la publication en ligne éviterait l’impression des supports de cours… Mouais, est ce parce que les documents sont adressés par mail ou stockées sur un espace en ligne qu’ils ne seront pas imprimés ?

Dernièrement, j’ai pu entendre des inepties et des raccourcis forts douteux sur le lien entre la FOAD et le développement durable.

Prenons par exemple les communications “environnementales” des fournisseurs de plateformes lms ou encore des organismes de formations., Certains vont jusqu’à dire que la FOAD c’est bon pour l’environnement. Ben oui, on se déplace moins, on imprime moins… Et si stocker des données, les télécharger, les échanger, ça avait un impact sur l’environnement ?

L’AFPA a lancé il y a quelque temps les projets DEVIN-VERT et DEVIN-TECH (avec l’appui de fonds FSE). Ces projets orientés développement durable font la part belle à l’éco-conception des parcours de formation et à l’usage du numérique dans l’accès au parcours de formation. La FOAD y occupe une place centrale puisqu’elle permettrait notamment, sur le volet environnemental de :

  • poursuivre et développer la dématérialisation des supports, les publier en ligne, pouvoir les télécharger, encourager les stagiaires à moins imprimer ;
  • rendre l’accès aux formations possibles sur tous supports pour éviter les déplacements des apprenants quand c’est possible.

Jusqu’ici, cette démarche parait intéressante, et elle l’est d’ailleurs. En revanche, certains messages associés à la communication sur ces projets sont maladroits (en tout cas, j’espère que c’est de la maladresse)… « Le bilan carbone de ce type d’action (FOAD) est nettement meilleur que celui des actions les plus classiques (…) les déplacements et les impressions étant limités… ». Cela reviendrait donc à limiter le calcul du bilan carbone d’une action de formation aux déplacements et à l’impression. Pour mettre en place ces projets, l’AFPA à une approche de FOAD originale puisque son offre est basée sur l’utilisation du Cloud Google et des google apps, éléments centraux de son campus numérique. Je serais curieux de savoir si dans le calcul du bilan carbone, des éléments tels que les émissions de CO2 du stockage des fichiers, du téléchargement de données et surtout des data-center, est pris en compte et surtout si l’on connait exactement le bilan carbone de cette démarche avant de communiquer de la sorte.  Je n’utilise pas cet exemple pour fustiger l’AFPA puisque sa démarche au travers des projets DEVIN est plutôt intéressante, mais pour illustrer mes propos, et j’aurais d’ailleurs pu m’appuyer sur d’autres exemples tels que des communiqués de fournisseurs d’outils de formation à distance.  Après, mais c’est un autre sujet, que penser du choix des outils et du prestataire ? L’AFPA, qui tout en bénéficiant de fonds publics et de fonds FSE se tourne vers le géant américain… Et dire qu’il y a  moins d’un an, je lisais un article intitulé « il faut sauver le soldat AFPA », dans lequel notre premier ministre annonçait que l’Etat ferait un effort de 450 millions d’euros pour sauver un organisme en grande difficulté financière…

N’allez pas imaginer que j’affirme ici que la FOAD et le développement durable ne font pas bon ménage, c’est simplement qu’il faut rétablir certaines vérités, comparer ce qui est comparable et surtout, utiliser la FOAD à bon escient si l’on veut en faire un levier du volet environnemental.

Et selon vous, Green ou Pas Green la FOAD ?

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Commentaires sur: "FOAD et développement durable – Pas si green la FOAD ?" (1)

  1. C’est vrai qu’à l’heure du PRISM ce choix de l’AFPA est « étrange ».
    Toutefois les efforts de Google en terme de « green » peuvent sembler louables (des panneaux solaires pour alimenter les serveurs). Mais en Europe (plus particulièrement en France « cocorico »), il existe des hébergeurs qui font des économies d’énergie substantielles et originale (je pense à OVH qui a construit des locaux pour utiliser les flux d’air).

    Au fait, un organisme subventionné à mort (pour sa survie 🙂 ) par la France ne devrait il pas, au moins, regarder ce qui se fait en France avant d’aller livrer sans condition son Systeme Informatique au gentil Oncle Sam ?

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